Photo

Toujours en mode semi vacances, nous avons eu hier soir une petite session de Light Painting avec le copain Steph. En fait, on fait cela à chaque fois qu’il se pointe, d’où le « saison 2 ». Début des hostilités avec les kids et des petits tubes lumineux rencontrés le plus souvent en night club, puis découverte magique d’un joujou (un lanceur à ficelle équipé de deux LED) qui va nous fatiguer quelques heures.

Pour ceux qui ne connaissent pas le Light Painting, c’est une technique de photographie qui consiste, dans les grandes lignes, à prendre une photo avec un temps d’exposition assez long, le plus souvent de nuit. Ainsi, les objets faiblement éclairés auront le temps d’apparaitre sur la photo, et les objets beaucoup plus lumineux en mouvement vont permettre de dessiner des formes.

Le matériel:

– avoir un appareil photo (ça aide), disposant d’un mode manuel afin de paramétrer la durée d’exposition, l’ouverture de l’appareil et les ISO. En ce qui me concerne, c’est un Canon EOS 60D avec le « magic » 10-22 3-5 4-5 USM Canon, le tout commandé en ligne chez Digit Photo qui mérite bien un BL pour ses prix et ses conseils

– avoir un trépied, ou par défaut n’importe quel support stable

– avoir un pinceau lumineux: un jouet avec un LED, une lampe torche, un iPhone avec l’appli gratuite Light+, des cierges magiques voire une cigarette. L’intensité lumineuse du pinceau comparée à celle de votre environnement détermineront les réglages de l’appareil. Plus l’intensité lumineuse du pinceau est forte et plus on pourra éclairer l’environnement, et donc plus l’effet sera visible.

Quelques règles/notions de base:

– on va porter le même soin au cadrage qu’en photo de jour, mais il faut aussi penser à ce que l’on va peindre. Par exemple si il n’y a pas de nuage ni de lune, le ciel sera très noir, et si il y a une grande surface éclairée par la lumière indirecte, elle sera très blanche

– la durée d’ouverture (ou vitesse): elle s’exprime en secondes. Cela correspond au temps durant lequel votre capteur restera ouvert. Plus ce temps est grand plus les objets faiblement éclairés vont ressortir

– l’ISO: c’est la sensibilité du capteur. Plus ce chiffre est haut, plus le capteur sera sensible. Lorsque l’ ISO est grand, il augmente par contre le bruit de la photo (cela donne un aspect granuleux)

– l’ouverture: elle détermine la quantité de lumière qui traverse l’objectif

– vous devez apprendre à jouer avec ces trois paramètre afin d’obtenir le meilleur résultat possible. Par exemple vous pouvez choisir d’augmenter le temps d’ouverture et de diminuer la sensibilité et l’ouverture afin d’avoir une image plus nette. Facile à dire en photo classique de nuit, mais beaucoup moins lorsque l’on fait du light painting (vous pourrez le constater par vous même plus loin)

Quelques recommandations :

– disposer d’une source lumineuse constante de faible intensité qui va éclairer l’environnement. Il faut assez de lumière pour éclairer le cadre, mais pas trop afin que les effets de votre pinceau lumineux ressortent bien. Les soirs de pleine lune sont parfaits,

– si vous ne voulez pas vous prendre la tête avec les réglages de votre appareil, ou si cela n’est pas possible, demandez juste à l’appareil de ne pas mettre le flash

– être patient, tester les nombreux réglages possibles, comparer comparer comparer et, si vous décidez d’écrire le prénom de votre chéri(e), savoir écrire à l’envers

Revenons donc aux réalisations. On commence avec des trucs de jeune en soirée qui font fluo dans le noir. Sauf que pour cette première partie, pas d’éclairage indirect adéquat (il était trop fort comparé à la faible luminosité des pinceaux) et bref on a pas pu faire autrement à ce moment là:

Ces bracelets sont vendus par 3 avec un système de fermeture. On peut les mettre bout à bout accrochés à une ficelle que l’on fait tourner en cercle (la première) ou s’en servir comme un fouet (la seconde).

Le résultat est déjà sympa, et serait génial avec la lune comme seul source de lumière autre que les bracelets, à refaire donc un soir de pleine lune. Le contraste entre les sources lumineuses était ici trop faible et l’effet plutôt bof bof.

Le second soir, retour aux affaires avec comme arme de guerre un disque volant équipé de deux LED et d’un lanceur. Dit comme ça on dirait que c’est super onéreux, mais non, entre 5 et 10 €. Par contre on l’a plié à quelques minutes du graal, en prévoir deux la prochaine fois.

Nous trouvons un premier spot évident : le gazon

Premiers résultats encourageants: en tournant, les LED du disque dessinent deux spirales et créent un effet génial. Les LED ont une luminosité puissante et un faisceau très étroit, c’est parfait pour le light painting car la lumière ne bave pas et dessine des formes nettes. Cette première série nous apprend déjà plusieurs choses:

– l’environnement est très bruité (granuleux): ciel sale, flammes des torches très présentes, image peu contrastée…

– la seconde photo nous montre que, selon comment le disque est envoyé, l’accumulation de lumière « crame » la photo (zone totalement blanche car trop exposée). Si cet effet peut être recherché, dans cet exemple il n’est pas très adapté

– et surtout nous apprenons que lorsque le disque par dans la restanque du dessous, il est super dur à retrouver

Conclusion: nous décidons de réduire l’éclairage ambiant au minimum afin d’augmenter le contraste, de réduire la sensibilité / quantité de lumière afin que le disque ne crame pas un morceau de la photo, et d’améliorer notre précision lors du lancer du disque.

Résultat immédiat: les disque est très net et le ciel moins bruité (première photo). Par contre l’environnement est assez peu présent et une partie de l’image crame dès que l’on veut retomber sur un fond mieux exposé (seconde photo).

Attention, après c’est une affaire de goût et ces deux dernières photos sont très sympas, mais on va quand même essayer de faire mieux, surtout concernant l’équilibre de la photo (grosse zone noire en haut à droite). Nous essayons de réduire la durée de prise de vue afin de voir le début et la fin des trajectoires, ce qui allègera la photo. On tente de tirer plus près de l’appareil photo afin d’augmenter l’effet de perspective:

La première est très sympa avec un origine qui se confond avec les lumières de ville derrière la colline et comble bien l’espace. Un coup de chance! La seconde est à peu près celle que l’on voulait faire à ce moment là, une sorte de mini tornade 🙂 Mais nous ne sommes pas hyper fan de l’ambiance générale de la photo, on décide de changer de cadre.

Spot numéro 2 : l’angle de la terrasse.

Problème: nous avons pile devant nous un des éclairages de l’environnement. Peu puissant et d’ambiance en temps normal, il est par contre trop puissant en pose longue. Donc on le recouvre de ce qui nous passe sous la main afin de tamiser un peu (des sets de table en l’occurrence).

La présence de l’arbre permet de combler le trou que nous avions. L’effet rebond est sympa et la lumière du disque plus nette. Le fond est moins présent et, du coup, est moins une priorité (comprendre contrainte) niveau éclairage. On se rapproche de ce que l’on recherchait, notamment au niveau de l’angle du lancer (maîtrise de la technique dite de la tornade 🙂 )

Nous trouvons par contre le champignon formé par la lampe et ses sets de table pas vraiment génial, et l’on tombe finalement d’accord pour un autre cadrage, et collons sur les deux sources lumineuses des tabourets made in Alinéa à 8 €, un bleu et un rose ce qui est raccord avec les couleurs du disque. Puis nous ajoutons quelques accessoires: avec ou sans chaise et banc, avec ou sans chienne …

Cadrage nickel, par contre exit le chien, puis, après un dernier lancé avec chaise et banc, nous les enlevons. Et là, dramatique accident: la pale avec la LED bleue s’arrache: on recolle, par contre le fil est coupé. Nous devons terminer en monochrome.

Belle surprise : avec une seule couleur, l’effet est très net. Chose que nous savions déjà, le bleu clair est complexe à photographier de nuit car il vire très vite au blanc, le rouge oscille lui sans problème entre l’orangé/rose et le rouge vif (comprendre que le rouge est plus souple au niveau du réglage de l’appareil). Et le rebond sur l’arbre : nouveau coup de chance :).

Le cadrage nous convient bien, qu’il soit à 1 mètre de hauteur ou directement au sol, il donne une superbe perspective, par contre l’arbre est trop centré. Nous décidons que LA photo devra être cadrée au sol, nous devrons un peu décentrer l’arbre et faire un jet qui parte du coin supérieur droit de l’image en « tornade » puis que le disque roule vers la gauche.

But presque atteint, mais la LED rouge rend l’âme au 10 ième essais. Frustration, mais quand même content de certains des clichés. Toutes les photos présentées ci dessus n’ont pas du tout été retouchées.

Voilà pour les résultats de cette petite session, nous espérons que les quelques conseils vous donneront envie de voir ce que votre appareil a dans son capteur, et de ce que vous pouvez faire de votre créativité. Cela permet de passer quelques bons moments, car c’est plus sympa de le faire avec des potes. Je vous ajoute ci dessous quelques autres réalisations passée, il y a de quoi faire!

Des cœurs avec l’iphone et l’appli light+

Utilisation de cierges magiques

Utilisation de mini-tubes phosphorescents

Utilisation d’une lampe LED à trois ampoules + torche électrique

Lampe torche plus piscine au clair de lune (notez que la photo serait mieux sans le robots dans la piscine, le balais ou le château gonflable à droite: pensez à faire le ménage!)

Pour faire du rose, on met un foulard rose autour de la lampe (ici une barre d’éclairage LED)

Lampe LED et deux futurs mariés qui ne bougent pas

Souvenir du Maroc (je ne trouve plus l’original), light painting avec les moyens du bord : une clope:


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